Accueil Date de création : 28/12/07 / Dernière mise à jour : 01/01/08 15:22 / 5 articles publiés
 

Salida de emergencia  posté le vendredi 28 décembre 2007 22:44

Blog de onlysky : Salida de emergencia, Salida de emergencia
Vincent entra, les yeux équarquillés dans l'obscurité, Monsieur Fredrich au guichet lui avait permis d'entrer même avec un quart d'heure de retard. Il faut dire que c'était un habitué. L'écran projettait un vieux classique en noir et blanc des années 50. Il s'assit en vitesse au bout d'une rangée de 12 sièges, s'appliquant à ne déranger personne sur son passage.La salle était pourtant presque vide, seul quelques couples amoureux, des vielliards nostalgiques les mains recroquevillés sur les accoudoirs usés et des étudiants fuyant la chaleur du mois d'août.La température devenait au fil des années de plus en plus insupportable. Le cinéma était pour certain un lieu de détente, une salle obscure climatisée, silencieuse seulement pour Vincent, le cinéma à l'angle de la 5ème avenue était bien plus que ça.Il s'agissait d'une issue de secours, il venait y trouver refuge aussi souvent que son pauvre argent de poche le lui permettait.  

Cela faisait déjà un mois qu'il était en vacances pourtant il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis la fin des cours. Ces plus proches amis étaient partis en colo ou avec leur famille en camping au bord de la mer ou à la montagne, il était seul. Une famille, sa famille à lui, se demandant même s'il pouvait l'appelait ainsi, se composait d'une mère absente, oubliée; d'un père alcoolique perdu entre boisson et cigarette et d'un frère, Benoît, 7 ans qu'il essayait de protéger tant bien que mal.

15 juillet,

Je suis seul ou presque, papa est allongé sur le divan. Je ne supporte plus l'odeur de l'alcool, ça me donne envie de vomir. J'ai pourtant aérer mais rien à faire, elle imprègne les plus petites parcelles de tissus qui puissent exister, des rideaux tachés à la moquette trouée. Une horreur. J'ai honte de vivre ici. Il est 18h, Yann m'a appelé du chalet de ses parents, il avait l'air heureux, il a toujours l'air heureux; mon opposé. Je dois me préparer pour aller faire la plonge CHEZ RICHARD, le patron, un homme bourru a accepté qui je vienne chaque soir entre 19h et 22h pour faire la fermeture de son bar-restaurant. C'est mal payé mais c'est mieux que rien, à 17 ans impossible de trouver un boulot correct dans les environs. Benoît devrait rentré de son entrainement dans une demi-heure, j'espère qu'il ne va pas tarder.

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n#2  posté le samedi 29 décembre 2007 11:12

Blog de onlysky : Salida de emergencia, n#2
La jeune-fille à l'écran était d'une beauté troublante, de grand yeux dévisageant la personne plantée devant elle, soudain on pu lire la haine et la peur mélée toutes deux dans son regard. La tension accablait chacun des coeurs présents, le spectateur avait l'impression d'assister à la scène s'il pouvait il se jeterai en avant saisirai le main moite de cette jeune-fille pour lui témoigner son soutien mais rien...Les sentiments que l'on éprouve peuvent nous paraître si réelle, Vincent se souvins de la première fois qu'il avait vu ''Carnet de Voyage'' ce film qui retrassait la vie du Che.Ce film l'avait ému et bousculé, sitôt terminé il s'était empressé de rejondre la bibliothèque municipale pour parcourir tout les renseignement concernant Che Gevara, tout y était, tout ce qu'il venait de voir, de vivre, sur écran géant. Le cinéma était un moyen favorable à la catharsis, c'était son moyen de vivre à travers d'autres yeux; un moyen de pleurer, de crier, de tuer, d'aimer... Il n'était plus cette élève de 17 ans, ce frère protecteur, cet individu égaré à mi-chemin entre l'enfance et l'adolescence. L'enfance, une façon de parlé, car il vivait depuis la disparition de sa mère, les successifs déboires de son père dans une sorte de léthargie, refusant constamment de voir la réalité, tant il la detestait.

26 juillet

Il est 4h du mat', je m'ennuis ferme, impossible de trouver le sommeil. Je suis allé voir Benoît, il dort comme un bébé, insouciant.Je lui envie ce sommeil qui me manque tant, je crois que Morphée m'a délaissé; ce ne serait pas le premier. J'aimerais que tout ça change, que papa cesse de boire, que maman reviennent, que Benoît ai l'enfance que je n'ai jamais eu...Quelle naif je suis n'est-ce-pas? Croire que tout pourrait redevenir comme avant, mais comme avant quoi au juste? A vrai dire je n'en sais rien mais il faut que ça change parce que je ne le supporte plus. Lorsque je suis rentré une bouteille avait éclaté dans le couloir, il a dû vouloir se lever pour en prendre une autre et SPLASH...plus de bouteille, plus d'alcool. C'est pitoyable, je me suis entaillé le talon car bien entendu vous croyez que mon alcoolo de père aurait ramasser les bout de verre cassés! Non il s'est juste contenté de les éparpillés ça et là histoire de faire comme si de rien n'était.


La jeune-fille à l'écran viens de mourrir, le visage de son agresseur était dissimulé, c'est affreux. Les mains de Vincent se crispent sur ses genoux, il s'en son coeur palpiter de rage. Le suspense est à son comble, l'intrigue progresse lentement mais surement. Le spectateur est comme suspendu bouche entrouverte en face de l'écran. La musique , les effets de vitesse, les plans tout est fait pour que le suspense règne en maître sur son humble royaume fait d'obscurité. Il semble que le cinéma tout entier vibrent au rythme des péripéties, un moment de plénitude: L'invincible pouvoir de l'audio-visuel.
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n#3  posté le dimanche 30 décembre 2007 12:25

Blog de onlysky : Salida de emergencia, n#3
3 juillet  

J'ai appelé Maxime, aujourd'hui, je me suis caché dans les toilettes pour que Monsieur Richard ne puisse me voir mais vu son embonpoint je me demande s'il est en mesure d'entrer là-dedans. C'est sale et ça pue le rat mort mais peu importe ,c'est le seul endroit où je ne risque pas d'être surpris. Max m'a dit qu'il comptait rentrer dans une semaine, il avait l'air inquiet pour moi, pour Benoît. Je me souviendrais toujours du soir où il a débarqué chez moi. Je n'était pas allé en cours depuis une semaine. Normal avec la balafre qui me traverssait le visage, c'était bien trop danguereux. Les professeurs, l'infirmière ou pire les assistantes sociales auraient posés des tas de questions et je ne me voyais pas leur raconter que j'avais juste trébuché dans les escaliers. Ils ne m'aurait pas cru, d'ailleurds je ne me croyais pas moi-même. Maxime avait frappé vers les 7 heures et c'était Benoît qui lui avait ouvert. Alors moi stupéfation lorsque je l'ai vu là, planté au milieu de mon salon, muet, les yeux exhorbités, non seulement à cause de l'endroit mais aussi à cause de ma tête. Je me savais dévisagé mais mon propre regard ,dans la glace ébrechés de la salle de bains, n'était pas aussi horrifié. Je l'ai évité pendant un mois mais sans succés. Dès qu'il me voyait, il m'harcelait. Le pire c'était les mots qu'il me faisait passer en cours avec des numéros comme SOS enfants maltraités. J'avais honte et j'étais furieux. Depuis il s'est un peu calmé. Le pire c'est qu'il avait tout de même pas tort, la seule solution pour que Benoît et moi ont se sortent de là, c'était de demander de l'aide.


Un portable se mit à sonner dans la salle. Vincent sentis une sueur froide dégouliner le long de son dos, il était bien, assis, le visage éclairé sucessivement par des flashes.
Au delà de l'apparence, ce film était d'une vraisemblance incroyable. Vincent était bien loin de ses préoccupations habituelles. Le cinéma était le seul lieu où il ne semblait pas porter le monde sur ses frèles épaules.
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n#4  posté le lundi 31 décembre 2007 16:18

Blog de onlysky : Salida de emergencia, n#4
16 août

Il est 23h, Benoît dort maintenant. Les larmes envahissent mon visage par cascade, c'est un flot ininterrompu.Lorsque je suis rentré j'ai vu Benoît allongé sur le sol glacé de la cuisine. Des bouts de verre éparpillés un peu partout autout de lui, sa main et sa poitrine étaient en sang. Je me suis jetté en avant pour le prendre de mes bras mais difficilement, il était comme tétanisé. Je l'ai soulevé jusqu'à la salle de bain, j'ai verrouillé la porte et j'ai essayé de retirer chacun des bouts de verre brisés sans lui faire de mal. Il souffrait tant. Je m'en veux, tout est de ma faute, si j'avais été là...j'aurais dû le protéger. Mais non, quel incapable je suis! Il la battu, Benoit a refusé de me dire pourquoi et comment tout cela était arrivé. Je m'en veux.
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n#5  posté le mardi 01 janvier 2008 15:19

Blog de onlysky : Salida de emergencia, n#5
17 août

J'ai appellé, j'ai appelé ce numéro dont Maxime m'avait parlé, le 119. Bien sûr, je mis suis remis à cinq reprises mais j'y suis arrivé. C'était plutôt impressionnant et aussi effrayant, mais j'étais déterminé. L'homme à l'appareil avait une voix paisible, le genre de voix qui rassure. Au début on a parlé de tout et de rien, du dernier match que j'avais vu à la télévision, de la rentrée scolaire et puis silence; je me suis tût.
Je lui est tout raconté,le départ de ma mère, les coups, l'alcool, et surtout l'incident d'hier soir. Je lui ai dit que j'étais prêt à tout maintenant pour mettre mon frêre en sécurité. La police a débarqué chez moi vers 11h, ils l'ont embarqué, j'espère ne plus jamais le revoir.


Un veillard se mit a toussé violemment, Vincent tourna la tête légérement juste ce qu'il fallait pour apercevoir ces yeux émerveillés et une main tremblante suspendu au niveau de son thorax. Le film continuait de défilé devant leurs yeux à tous, devant ces yeux à lui. Quel instant merveilleux, ce moment où l'on constate que tout est en mouvement ailleurds sauf vous. On est là, plongé dans l'obscurité et le monde continue de tourner au dehors. Mais vous êtes à l'abri comme protégé par un je-ne-sais-quoi mi-paisible mi-sournois. Vincent sait que lorsque le générique de fin apparaîtra se sera sa fin à lui. La fin de l'horreur, de la peur, des larmes et le début d'une nouvelle vie, ailleurds, auprès de personnes qui l'aimeront son frère et lui comme personne ne les a jamais aimé auparavant.

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