Vincent entra, les yeux équarquillés
dans l'obscurité, Monsieur Fredrich au guichet lui avait
permis d'entrer même avec un quart d'heure de retard. Il faut
dire que c'était un habitué. L'écran
projettait un vieux classique en noir et blanc des années
50. Il s'assit en vitesse au bout d'une rangée de 12
sièges, s'appliquant à ne déranger personne
sur son passage.La salle était pourtant presque vide, seul
quelques couples amoureux, des vielliards nostalgiques les mains
recroquevillés sur les accoudoirs usés et des
étudiants fuyant la chaleur du mois d'août.La
température devenait au fil des années de plus en
plus insupportable. Le cinéma était pour certain un
lieu de détente, une salle obscure climatisée,
silencieuse seulement pour Vincent, le cinéma à
l'angle de la 5ème avenue était bien plus que
ça.Il s'agissait d'une issue de secours, il venait y trouver
refuge aussi souvent que son pauvre argent de poche le lui
permettait.
Cela faisait déjà un mois qu'il était en vacances pourtant il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis la fin des cours. Ces plus proches amis étaient partis en colo ou avec leur famille en camping au bord de la mer ou à la montagne, il était seul. Une famille, sa famille à lui, se demandant même s'il pouvait l'appelait ainsi, se composait d'une mère absente, oubliée; d'un père alcoolique perdu entre boisson et cigarette et d'un frère, Benoît, 7 ans qu'il essayait de protéger tant bien que mal.
15 juillet,
Je suis seul ou presque, papa est allongé sur le divan. Je ne supporte plus l'odeur de l'alcool, ça me donne envie de vomir. J'ai pourtant aérer mais rien à faire, elle imprègne les plus petites parcelles de tissus qui puissent exister, des rideaux tachés à la moquette trouée. Une horreur. J'ai honte de vivre ici. Il est 18h, Yann m'a appelé du chalet de ses parents, il avait l'air heureux, il a toujours l'air heureux; mon opposé. Je dois me préparer pour aller faire la plonge CHEZ RICHARD, le patron, un homme bourru a accepté qui je vienne chaque soir entre 19h et 22h pour faire la fermeture de son bar-restaurant. C'est mal payé mais c'est mieux que rien, à 17 ans impossible de trouver un boulot correct dans les environs. Benoît devrait rentré de son entrainement dans une demi-heure, j'espère qu'il ne va pas tarder.
Cela faisait déjà un mois qu'il était en vacances pourtant il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis la fin des cours. Ces plus proches amis étaient partis en colo ou avec leur famille en camping au bord de la mer ou à la montagne, il était seul. Une famille, sa famille à lui, se demandant même s'il pouvait l'appelait ainsi, se composait d'une mère absente, oubliée; d'un père alcoolique perdu entre boisson et cigarette et d'un frère, Benoît, 7 ans qu'il essayait de protéger tant bien que mal.
15 juillet,
Je suis seul ou presque, papa est allongé sur le divan. Je ne supporte plus l'odeur de l'alcool, ça me donne envie de vomir. J'ai pourtant aérer mais rien à faire, elle imprègne les plus petites parcelles de tissus qui puissent exister, des rideaux tachés à la moquette trouée. Une horreur. J'ai honte de vivre ici. Il est 18h, Yann m'a appelé du chalet de ses parents, il avait l'air heureux, il a toujours l'air heureux; mon opposé. Je dois me préparer pour aller faire la plonge CHEZ RICHARD, le patron, un homme bourru a accepté qui je vienne chaque soir entre 19h et 22h pour faire la fermeture de son bar-restaurant. C'est mal payé mais c'est mieux que rien, à 17 ans impossible de trouver un boulot correct dans les environs. Benoît devrait rentré de son entrainement dans une demi-heure, j'espère qu'il ne va pas tarder.









